Salar de Uyuni et Sud Lipez

3 jours de trip dans le désert de sel le plus grand du monde et alentours.
Des paysages à couper le soufle.
Un cimetière de trains.
Une jeep.
Un conducteur hors-pair.
Une cuisinière qui nous mijote des plats savoureux sur un camping gaz minuscule.
Des nuits glaciales.
Des geysers, des lagunes, des neiges éternelles, des volcans éteints.
Des chinchillas.
Des flamants roses.
Des lamas, bien sûr !
Et un invité surprise...

Nom de code : SUSHIMI

Au départ d'Uyuni, embarquement dans la jeep "Toyosa" de Christian, notre chauffeur /guide et de sa compagne la discrète Bilma.
On nous prévient qu'un sixième participant, japonais, va nous rejoindre en cours de route pour compléter la voiture. C'est donc en compagnie de Shinishi, un quinquagénaire récupéré dans un hotel du Salar, que le circuit commence en direction du plus grand désert de sel du monde.
Notre camarade nipon, indisposé dès le premier soir, quitte la table pour se soulager d'une indigestion et nous indique avec insistance à son retour à quel endroit il a "vomito vomito" car, oui, une des particularités de "Sushimi" est de doubler, voire tripler chacun de ses mots...
Dans un registre tout aussi glamour, entre bruits de mastiquation et postillons à gogo "Surimi" nous vante les mérites des collégiennes japonaises et de leurs mini-jupes.
Le lendemain matin, non content d'avoir passé la nuit à ronfler, et alors même que nous devions jouir d'une demi-heure pour "despertar", autrement dit émerger, voilà notre camarade qui bondit hors de son lit en trainant bruyamment des pieds, allume la lumière et crie "desayuno, desayuno" (petit déjeuner). Excédés, on le rabroue gentiment, ce qui n'entame aucunement son enthousiasme car le lendemain matin, alors que le guide nous réveille à 5h pétantes et que la température avoisine les 6° dans la chambre, voici "Mitsubishi", Nikon en main qui tente d'immortaliser le réveil : "Noooooonnn!!!!!!"
Gauche et bien souvent drôle à son insu, le personnage est finalement on ne peut plus attachant et se révèle (paradoxalement), au fil des aventures qu'il nous conte, un routard de la première heure qui a parcouru Yémen, Afghanistan,...et nous donne une multitude de conseils pour la suite de notre voyage.

Bonus " bonjour les clichés" : Extrait de conversation en span-english entre le guide bolivien et Shinishi, notre Kawai Boy :
"Et toi Japonese, tu fabriques des voitures dans ton pays? Mitsubishi? Toyota? " demande Christian en montrant le 4x4 du doigt.
"Non non, je travaille dans l'électronique"
"Et tu connais Bruce Lee? Et Jet Li, tu connais Jet Li?
"Oui, oui oui !!!"
" Et donc tu fais du kung-fu?"
"..."

Potosi - Tous à la mine !

Quand on arrive à Potosi, le sujet qui hante les auberges de jeunesse, c'est le Cerro Rico, une vallée minière trouée comme un gruyère encore largement exploitée à ce jour pour les gisements d'argent, zinc étain...et la question qui se pose est : "Et vous, vous allez visiter les mines ?".
"L'expérience la plus marquante de la région" parait-il.
Après quelques questionnements sur la dimension éthique de l'affaire (le coup des touristes qui viennent regarder les boliviens travailler, est-ce bien raisonnable ? ), nous partons pour l'une des nombreux sites de la vallée.
Sur le chemin on fait une halte rapide dans une échoppe pour acheter de quoi aider les mineurs ( ça fait partie du "Pack Bonne Conscience"). Un choix d'articles peu communs : bâtons de dynamite, feuilles de coca ou Coca tout court, acool à 96° que le guide boit au goulot devant nous "pour l'exemple"...
Puis nous arrivons à la mine arnachés de la tête au pieds. Nous nous retrouvons donc face à l'antre sombre d'où sortent des hommes en peine, nos bouteilles de soda à la main...légere sensation de ridicule...
S'en suivent trois heures dans les dédales de la mine, qui nous remettent correctement les pendules à l'heure sur nos propres conditions de vie.
Nous descendons par des trous de souris à 50 mètres de profondeur, l'air devient plus saturé, la température augmente sensiblement, et alors qu'on peine à avancer, transpirant dans la boue, on croise régulièrement des hommes qui remontent, poussant des chariots d'une demi tonne...
A un jeune homme qui charge des gravats dans une brouette, sans masque et les bras à l'air, on demande :
" T'as quel âge ? "
" 22 ans."
"Et ça fait combien de temps que tu travailles ici ? "
" 4 ans."
Et il se remet au travail...
Le compte est vite fait, le guide enchaine en nous disant qu'en général, on entre ici à 15 ans et l'on en sort à 40 ans atteint de sillicose.
La compensation ? 1700 bolivianos par mois, 170 euros, le double du salaire moyen en Bolivie.
On remonte enfin, longeant les conduits qui apportent l'oxygène vers le fond, recevant quelquefois des éboulis sur le casque. La version touristique n'est en rien édulcorée, c'est Germinal en 2011...
Sur le retour, on s'arrête dire bonjour à Tio, dieu des mineurs, un diable en céramique disposé au fond d'un conduit, auquel nous allumons une cigarette et lançons des feuilles de coca, pour la postérité.
Fin de l'éxpérience. Une demi journée qui a semblé une semaine...
Pour être honnête, les larmes nous sont montées au yeux plus d'une fois et on a jamais été aussi heureux de revoir le soleil, mais on ne regrette pas.

Potosi

Pour nous rendre à Potosi, nous optons pour un bus local, dont le trajet s'éternise, comme de coutûme en Bolivie.
Petites surprises en cours de route : on fait de la place dans la soute où sont entassés nos sacs pour y mettre un bon gros mouton (vivant!), des jeunes filles montent pour vendre des petits cakes embaumant le bus d'effluves citronnées et des dames font des pauses pipi impromptues sous nos fenêtres en prenant à peine le soin de relever le bas de leurs jupes : Aqui Bolivia (!). Des vallons verdoyants succèdent à des montagnes aux couleurs ocres, cuivrées et rosées, le paysage défile entrecoupé de visions médiévales d'hommes et de femmes labourant les champs avec leurs bêtes de somme au milieu de nul part.
Dès notre arrivée dans la ville la plus haute du monde (4090 mètres), bien que gagnés par un charme baroque, la "altura" met nos poumons à rude épreuve. C'est donc à un rythme bien tranquille et ponctué de moult pauses que nous visitons le couvent Santa Teresa, la Casa de la Moneda et regardons stupéfaits les dizaines de fanfares surgir des ruelles toute la journée... Et comme la culture, ça épuise, un détour par "l'Ojo del Inca" une source chaude volcanique est le bienvenu.
Quand la température descend en flèche à la nuit tombée et que nous reculons au maximum le moment de rejoindre nos chambres gelées, nous nous refugions dans les restaurants, où nous apprécions la gastronomie potosine : viande de lama, soupes de "verduras y quinoa" et surtout, surtout les churros au dulce de leche ( la confiture de lait locale, pour laquelle Florine se damnerai !!).

Moule à frapper les osties, couvent de Santa Teresa


Au mercado : Bulles locales

Sucre et Tarabuco

Après un rapide passage à Santa Cruz, grande ville dynamique sans trop d'intérêt, nous nous envolons vers Sucre.
" Bienvenidos en la Ciudad Blanca"
Ce message à l'aéroport nous ouvre les bras d'un petit bijou suspendu à 3600 mètres d'altitude, après une demi-heure à surplomber une cordillère désertique.
Des rencontres nous avaient dépeint une Bolivie moyenageuse, à la population hostile, nous tombons sous le charme d'une ville coloniale paisible dans laquelle nous passons quelques jours à flâner et nous replonger dans l'espagnol. La Bolivie que l'on découvre est contrastée de "mamitas" traditionnelles portant enfants et provisions dans des tissus fluos, de voitures "tunnées" dont les décibels crachent une cumbia typique, de pots déchappement noirs et malhodorants ainsi que d'un bazar de petites échoppes dont les prix défient toute concurrence.
Il faut quand même l'admettre, avec les 7° ambiants, le froid qui nous glace au saut du lit (chauffage? de quoi vous parlez?) le choc thermique est un peu rude. Gants et bonnets sont vite enfilés.Quand à notre digestion, elle est mise à l'épreuve de quelques cantines typiques.
Dimanche, direction Tarabuco, à 60 kilomètres de Sucre, où se déroule le plus grand marché artisanal de la région.
8 bolivianos (80 centimes d'euros) donnés au chauffeur d'un bus décati, voilà notre passeport pour une heure de trajet dans la pampa, on ne peut plus...local.
Odeur acre de la coca mastiquée, femmes arnachées de sacs partant vendre leur production, et familles qui esquissent un sourire (édenté) en voyant les cinq blancs-becs Decathlon que nous sommes rejoindre le convoi.
La flûte des andes ne tarde pas à s'échapper des hauts-parleurs grésillants.
On sourit.
Le tableau est complet.
Le marché en lui-même nous livre un bel aperçu de l'artisannat bolivien : guêtres, ponchos, bonnets...tout est tricoté main ! Alors que certains ne resiste pas à l'appel des emplettes, d'autres attendent de trouver LE bonnet en poils de lama idéal.
Tout le monde s'accorde sur un arrêt "ragoût local" à 35 centimes dans un boui-boui, dont la tenancière essuie les couverts dans son tablier entre chaque client.

CAMPO GRANDE - Notre porte d'entrée pour le Pantanal

Nous nous décidons pour une excursion de trois jours dans le Pantanal. Mais en fait de trois jours, c'est dans les transports que nous passons la première journée! Arrivés là-bas nous rencontrons "Johnny l'Indien", notre guide, aux dents qui nagent après le bifsteak, euh le piranha!!! Le soir, nous partons en jeep et apercevons malgré l'obscurité : raton laveur, biche, caïmans, oiseaux...

JOUR 2 :
Aurélie, Chloé, Florine, Vincent : Un peu patraques nous partons marcher dans le Pantanal...Qui a dit qu'il fallait se protéger les jambes et mettre ses baskets? C'est dans notre plus simple appareil (en maillots de bain, pieds nus) que nous nous enfonçons dans les marais, eau noire jusqu'au ventre (tant mieux comme ça on ne discerne ni piranhas ni caïmans!!). Mais les animaux sont là : coatis ( petits fourmiliers), capivaras ( gros ragondins), singes, caïmans, cochons sauvages, tatous, toucans, perruches, cardinaux brésiliens à petite crête rouge, perroquets... Florine goûte même la fourmi rouge que lui tend Johnny après avoir retiré ses deux crochets! Et surprise, la fourmi une fois croquée donne une bonne haleine de citronnelle...
Gwladys :Réveillée avant l'aube par de violentes nausées, je me précipite vers les toilettes (extérieures), dans lesquelles j'entame une lutte contre mon estomac et les moustiques, dont l'appétit semble bien ouvert.
9h00 : Ca va de mal en pis, mais pas question d'abandonner la partie. Je grimpe dans le 4x4, mais après vingt minutes de chemin cahotant, mon estomac appelle au secours. J'essaie de trouver un coin de buisson, mais là, j'ai les jambes coupées dans ma course, c'est le malaise. Le "motorista" du 4x4 me ramasse dans le sable, m'asperge d'eau, tandis que, blême, je bafouille en portugais que c'est sans doute une intoxication alimentaire. Fin de l'excursion à 9h30.
Le reste de la journée se partage entre l'observation de la cuvette et celle du lit supérieur du dortoir.

JOUR 3 : Ce coup ci, c'est à cinq que nous partons à la pêche aux piranhas de bon matin armés de nos cannes en bambou. Nous demandons innocemment à Johnny : "Où est le bateau?", celui-ci rigole, et rebelote, nous voilà au beau milieu d'une mare sombre infestée d'algues et surtout de Piranhas avec au bout de l'hameçon un petit bout de coeur de boeuf sanguinolant!!! Après beaucoup d'attente en plein soleil, de lancers de ligne approximatifs ( le petit bout de coeur qui se colle sur le ventre de la voisine au moment du lancer, Gwladys qui parvient à s'accrocher l'hameçon derrière l'oreille, l'hameçon pris dans les algues) et pour finir, Johnny qui nous lance un "shut up" parce que nous sommes trop bruyantes, nous rejoignons la rive. Vincent et Gwladys persitent, leurs efforts ne sont pas vains, ils reviennent avec deux belles prises pendant que Chloé, Florine et Aurélie, assises dans le 4x4 font leurs "lazy tourists" (touristes faignantes), selon notre aimable Johnny!!! Nous rentrons à l'auberge et dégustons nos piranhas grillés et flambés à la cachaça, un vrai délice!!!
Puis, direction Corumba dernière ville brésilienne avant de gagner la Bolivie.
Johnny le guide et le conducteur du 4x4
La pêche aux piranhas
Coucher de soleil sur le Pantanal, "l'heure des moustiques" selon Johnny